Publié le 20 Mars 2025 par Maître Paula-Maria Fabrizy
Vous entrez à la clinique de l'agglomération bastiaise ou au pôle hospitalier pour une opération bénigne au genou... et vous ressortez un mois plus tard avec une lourde infection bactérienne nécessitant d'autres interventions, une prothèse infectée ou une amputation partielle. L'infection nosocomiale est le fléau des actes de soins : il n'y a pas "d'erreur" du chirurgien, mais l'absence de faute n'interdit plus l'indemnisation financière.
L'immense avancée de la loi du 4 mars 2002 (Loi Kouchner) est la présomption de responsabilité des établissements de santé en matière d'infections nosocomiales. En clair, dès qu'une infection survient au cours (ou au décours) d'une prise en charge, la structure (clinique privée ou hôpital public) ou la solidarité nationale est tenue d'indemniser la victime.
Le patient n’a pas (comme dans le cas de l'erreur chirurgicale) besoin de prouver que le praticien a fauté (ex: que la stérilisation du bloc était imparfaite). Il faut "simplement" prouver que l'infection était étrangère à l'état de santé lors de l'admission et a été contractée après le début du traitement professionnel.
L'imputabilité financière diffère selon l'importance du préjudice consécutif à la bactérie :
Le médecin-conseil de l'établissement ne validera pas d'office l'infection "nosocomiale". Il pourra par exemple démontrer que la bactérie était "endogène" (présente naturellement dans votre corps selon votre propre flore). L'enjeu de l'avocat, épaulé d'un bon expert médical infectiologue, est de repousser ces arguments lors d'une expertise médicale contradictoire pointue et stricte avant de forcer les propositions indemnitaires transactionnelles.
Que ce soit un staphylocoque ou une autre infection liée à un acte de soins, Maître Fabrizy introduit un recours amiable et contentieux auprès de l'ONIAM et des tribunaux.
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